Chronique du 06 septembre 2015 :
L’affaire Dominici partie 2

 
Le 5 août 1952, Les Drummond, une famille d’aristocrate anglaise est assassinée dans les Alpes de Hautes Provence à proximité du village de Lurs.
 
Le père, la mère, tous deux assassinés par balle et leur fille Elisabeth frappée à mort au visage.
 
L’enquête s’oriente vers les Dominici, une famille de paysan habitant à proximité dont le fils Gustave avait découvert le corps de la petite Elisabeth.
 
Entendu par les enquêteurs le fils Gustave va accuser son père Gaston d’être l’auteur de ce triple assassinat.
 
Le père va avouer ces assassinats en expliquant avoir été surpris par le mari de Lady Ann Drummond alors qu’ils étaient tous deux en plein ébat sexuel.
 
Il aurait alors décidé de supprimer tout le monde.
 
Son fils va revenir sur ses aveux mais le mal sera fait et Gaston sera condamné à mort le 28 novembre 1954 par la Cour d’Assises de Dignes les Bains en laissant l’opinion publique très dubitative sur sa culpabilité.
 
Un écrivain célèbre, Jean Giono, s’était pris d’intérêt sur cette affaire. Il prononcera une citation qui résumera plutôt bien l’état d’esprit de l’opinion.
 
Il déclarait : "Je ne dis pas que Gaston Dominici n’est pas coupable. Je dis seulement que l’on ne m’a pas prouvé qu’il l’était".
 
Il est vrai que cette affaire a réuni à elle seule tout ce que l’on peut avoir de contestable dans le déroulement d’une enquête depuis la découverte des cadavres jusqu’au jugement rendu.
  • Des gendarmes peu aguerris intervenus tardivement sur les lieux.
  • Une scène de crime piétinée par des badauds et journalistes qui n’ont pas été tenus à distance.
  • Des aveux recueillis dans des conditions douteuses.
  • Des témoignages incompatibles avec les éléments matériels retrouvés.
  • Des contradictions et mensonges relevés de toutes parts.
  • D’autres pistes non explorées.
  • Une cour d’Assises visiblement encline à vouloir condamner à tout prix.
  • Et j’en passe.
     
    En juillet 1957, après 3 ans de prison, sa peine va être transformée en prison à vie.
     
    En 1960, il sera gracié par le Général De Gaulle alors Président de la République.
     
    Pour autant, aux yeux de la loi, il sera toujours coupable aux yeux de la justice et c’est avec ce statut d’assassin condamné qu’il mourra en 1963 dans un hospice de Digne.
     
    Depuis sa condamnation, la famille de Gaston Dominici, sa femme, son fils Gustave qui l’avait initialement accusé, sa belle-fille, son petit-fils ont essayé de tout tenter pour obtenir sa réhabilitation, c’est-à-dire la reconnaissance officielle de son innocence. Ce qu’ils n’ont jamais obtenu.
     
    Pour cela, il aurait fallu un élément nouveau, qui n’était pas connu au moment du procès et qui serait susceptible de justifier un nouveau procès.
     
    Et d’éléments nouveaux, il n’y en a pas eu de vraiment convaincants.
     
    Qu’est ce qui a contribué ce fait divers à devenir une véritable affaire judiciaire autant médiatique.
     
    Il y a tous les ingrédients pour y parvenir :
    • Une justice critiquable sur bien des points.
    • Le clivage entre les riches aristocrates étrangers et les paysans des montagnes.
    • Les multiples hypothèses et explications avancées.
    • Chaque français, dans son foyer avait sa propre conviction qu’il revendiquait.
    • Et enfin, le fait qu’en définitive, on ne saura jamais vraiment si Gaston Dominici était bien l’auteur de ce triple assassinat ou s’il était le seul.
    Dans la famille Dominici, il ne reste aujourd’hui plus qu’Yvette, la femme de Gustave, le fils. 60 ans après, elle ne semble toujours pas décidée à en dire plus, si toutefois elle a quelque chose à dire.
     
    Nous pouvons donc, sans trop avancer, affirmer qu’on n’en saura jamais plus sur ce qu’il s’est passé.
     
    Ce qui est certain, c’est qu’une Cour d’Assises a rendu sa décision et aux yeux de la loi, il s’agit de LA vérité judiciaire.
     
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