Chronique du 18 octobre 2015 :
Le Juge Michel

 
Certains se souviennent peut-être du juge d’Instruction Pierre Michel, assassiné à Marseille par le milieu du grand banditisme local.
 
Certains plus jeune, auront peut-être vu au cinéma le film la French qui évoque l’histoire du juge Michel interprété par Jean Dujardin.
 
Pierre Michel est né le 2 juillet 1943.
 
D’une famille de Notaire et d’Avocat, il préfère se tourner vers la magistrature.
 
Sa première affectation à Marseille le conduira à s’occuper des affaires de mineurs puis de stupéfiants.
 
En matière de lutte contre le trafic de stupéfiant, le juge d’instruction sera surnommé "le justicier" ou le "cow-boy".
 
Il va exercer son activité avec pugnacité et dynamisme.
 
Il va secouer la police marseillaise ankylosée, infiltrée et démotivée par la puissance de la pègre locale que l’on surnomme alors la "French Connection".
 
Marseille est alors considérée comme la capitale mondiale de la drogue Pour lutter contre cette organisation, il s’implique personnellement, utilise des méthodes inédites parfois un peu limites mais d’une véritable efficacité.
 
Il s’entoure de policiers de confiance, parvient à démanteler 6 laboratoires de transformation d’héroïne, à arrêter 70 trafiquants.
 
Avant l’arrivée du Juge Michel, la justice marseillaise semblait résignée à ne plus rien faire tant la French Connection était organisée riche et puissante.
 
Le Juge Michel s’acharne. Multiplie les descentes, les arrestations.
 
La French Connection perd des millions tous les jours. Et elle doit produire pour exporter et notamment aux Etats-Unis.
 
Bref, le Juge Michel est un véritable empêcheur de tourner en rond.
 
Le 21 octobre 1981, autour de midi, il rentre chez lui pour déjeuner avec son épouse et ses deux filles.
 
A 12h49, deux tueurs à Moto qui le suivaient depuis le palais de justice l’abattent de trois balles de 9 mm parabellum.
 
Une a atteint l’épaule.
 
Une s’est logée dans le thorax et a perforé le poumon et le cœur.
 
Une a touché le cou, lui sectionnant la moelle épinière.
 
Le décès est instantané.
 
Au vu de son activité, c’est immédiatement vers la French Connection que les soupçons se portent.
 
Une enquête est diligentée.
 
La moto des tueurs est retrouvée. Signalée volée, une empreinte digitale est prélevée sur un autocollant.
 
On parvient à retrouver le nom de son possesseur, un certain Charles Giardina.
 
Cet individu est placé sous surveillance.
 
Les enquêteurs parviennent à le lier à deux relations, des voyous à la solde du parrain marseillais Gaëtan Zampa.
 
Faute de preuves suffisantes, ils ne seront pas poursuivis.
 
Ce n’est qu’en 1985 qu’à l’occasion d’une autre affaire, un truand du nom de François Scapula vient livrer les noms des tueurs en échange de certaines faveurs judiciaires.
 
C’est ainsi que l’on apprend que le tueur à moto se nomme François Checchi, lui-même piloté par un certain Charles Altieri, tous deux agissant sur ordre des François Girard et Homère Filippi, associés de la French Connection.
 
Tous sont condamnés en 1988 à la réclusion criminelle à perpétuité.
 
Les deux commanditaires sont condamnés en leur absence.
 
Les tueurs sont incarcérés et libérés en conditionnelle l’année dernière.
 
S’agissant du film "la French", il a fait polémique dans l’entourage de la famille du juge Michel.
 
Déjà, sa famille a indiqué ne pas avoir validé le scénario du film.
 
Elle avait communiqué au réalisateur beaucoup d’observations dont quelques-unes seulement ont été prises en compte.
 
Elle a considéré que beaucoup d’éléments étaient totalement fictifs et ne correspondaient pas à la réalité.
 
Bref, pour elle, il ne s’agit pas de la vie du juge Pierre Michel qui est relatée dans ce film mais d’une fiction très, très librement inspirée de sa vie.
 
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