Chronique du 29 novembre 2015 :
L’affaire Yann Piat

 
Yann Piat est née en 1949 en Indochine. Elle est élevée à Saint-Raphaël.
 
Proches des idées de Jean-Marie LE PEN dont elle est d’ailleurs la filleule, elle devient membre du front national.
 
Elle prend dans un premier temps des responsabilités au sein du FN, est élue députée du Var en 1986, réélue en 1988.
 
Dans le cadre de son mandat de député, et c’est important pour comprendre la suite, elle est membre d’une commission d’enquête relative à la mafia en France et en profite pour dénoncer la mafia au sein du milieu politique varois.
 
On la surnomme alors Yann d’Arc.
 
Assez agacée par les débordements du chef du parti FN et notamment lorsqu’il prononce le jeu de mot "Durafour Crématoire", elle annonce: "J’ai aimé Jean-Marie, j’ai détesté Le Pen", ce qui lui vaut d’être exclue du parti en octobre 1988.
 
Elle se rapproche alors de l’UDF et, sous cette étiquette, est à nouveau élue députée en 1993 et poursuit sa lutte contre la gangrène de la mafia dans le milieu politique varois.
 
Le 25 février 1994, alors qu’elle quitte sa permanence et qu’elle rejoint son domicile d’Hyères, deux hommes à moto la suivent.
 
Arrivée sur la route à lacet du Mont des Oiseaux, le passager de la moto ouvre le feu à plusieurs reprises sur Yann Piat qui est mortellement blessée.
 
Son chauffeur est lui blessé à la cuisse.
 
Cet assassinat suscite un très vif émoi en France pour différentes raisons.
 
Tout d’abord parce que Yann Piat est la première femme députée assassinée en France.
 
Parce que tuer un député, c’est s’en prendre à la République.
 
Ensuite, on s’aperçoit que cet assassinat semble être lié aux combats menés à l’encontre des liens entre le milieu politique varois et la mafia.
 
A l’époque, Hyères était surnommée "Hyères les bombes" en raison des nombreux attentats, incendies et règlements de compte qui embrasaient la Ville et le tout lié à des questions affairistes et politiques.
 
Lors de l’enquête de police, l’on retrouve une lettre de Yan Piat écrite deux ans auparavant et dans laquelle elle écrit qu’en cas de décès, 5 personnes devront être considérés suspects et notamment Maurice Arreckx, Bernard Tapie et le mafieux Jean-Louis Fargette qui sera abattu un an avant la députée.
 
L’enquête s’oriente alors vers la piste mafieuse.
 
La police recueille les aveux de deux jeunes caïds qui désignent un certain Gérard Finale, patron de bar à Hyères désireux de devenir le parrain de la pègre varoise.
 
Or, ce Gérard Finale aurait pensé que son ascension n’aurait pas pu être menée à son terme avec Yann Piat et ses combats anti mafieux.
 
Des enquêtes sont menées et notamment par certains journalistes qui ont découvert que Les commanditaires de cet assassinat seraient en fait Messieurs Gaudin et Léotard en raison de prétendus liens avec le milieu sur fond d’affaires immobilières douteuses.
 
Ce qui est certain c’est que cette piste fera long feu, le livre sera retiré de la vente et leurs auteurs condamnés pour diffamation.
 
Une autre piste faisait état d’une seconde équipe constituée en raison de l’opposition de Yann Piat à l’agrandissement de l’aéroport de Toulon-Hyères et d’autres projets immobiliers.
Le 4 mai 1988, le procès s’ouvre.
 
Sont notamment présents dans le box des accusés Gérard Finale, le commanditaire, Lucien Ferri, le tireur à moto, Marco Di Caro, le pilote de la moto.
 
De ce procès il en ressort notamment que le mobile de l’assassinat n’est peut-être pas seulement la volonté de Gérard Finale d’assouvir ses ambitions mafieuses mais a mis en avant l’existence de liens incontestables avec le milieu politique.
 
Aucun nom n’aura cependant filtré de ce procès.
 
En définitive, le commanditaire et le tireur seront condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité et le pilote de la moto écopera de 20 ans.
 
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